mardi 30 décembre 2014

[Documentaire] Jesus Camp de Rachel Grady et Heidi Ewing

Installez-vous confortablement dans votre canapé, et surtout, accrochez-vous. Munissez-vous d'un collyre ou à défaut d'une bouteille d'eau afin de vous asperger les yeux, qui resteront écarquillés durant une heure et demi. Dans ce documentaire vous découvrirez Becky Fischer, pasteur évangéliste dont la principale motivation est de prêcher aux enfants, d'élever une génération de guerriers politiques.

Selon elle, l'Amérique qui est one nation under God doit renouer avec ses racines chrétiennes jusqu'à redonner une véritable place aux évangélistes au sein même du gouvernement des États-Unis. Car à ses yeux, la séparation de l'église et de l'état fut un désastre pour la politique ainsi que le mode de vie américains. Afin d'avoir une réelle emprise sur le destin politique de son pays, Becky Fischer s'est donné pour mission d'élever une génération de jeunes évangélistes prêts à faire plus tard le même travail de conviction.

Bande-annonce 



Durant trois semaines, Becky Fischer organisait donc au Devils Lake (Dakota du Nord) un camp d'endoctrinement, le Kids on fire, durant lequel ces jeunes adolescents étaient invités à suivre d'innombrables prêches liés à la foi mais également à la politique pro-life (anti-avortement). Accueillis en musique, puis culpabilisés, brisés psychologiquement, ces enfants étaient alors invités à se laver de leurs pêchés et à naître à nouveau, à être "sauvés". La caméra des deux documentaristes a saisi ces moments incroyables, durant lesquels les enfants mains au ciel pleurent à chaudes larmes, tremblent, crient, appellent Dieu dans un état de transe inimaginable. 

"Organisait" car en Novembre 2006 et après avoir reçu de nombreuses menaces suscitées par ce documentaire, Becky Fischer a décidé de suspendre la tenue du camp, le remplaçant par d'autres événements et activités.

Jesus Camp a deux atouts majeurs. Premièrement, il n'occulte pas les convictions profondes exposées par les évangélistes, qu'il s'agisse de Becky Fischer ou de parents qui témoignent de leur amour d'une Amérique tournée vers Dieu. Le film leur laisse une large place et ainsi ne fait pas dans le manichéisme primaire, malgré tout le choquant de ce qu'il montre. Et deuxièmement, il inflige une grande claque car nous réalisons qu'il ne s'agit pas d'un épiphénomène, mais bien d'une composante de l'identité américaine d'aujourd'hui avec ses conséquences politiques. Chose que nous ignorons tous pour la plupart.

Un film coup de poing, vraiment, que vous pouvez visionner intégralement en suivant ce lien


Stray From The Path utilise des images de Jesus Camp dans le clip de Damien.


"What gives you the right to think that you can come and save me?
Picture perfect world, I picture violence in disguise.
I'll save my breath for something real as you look towards the sky,
pray forgiveness this ends tonight."