lundi 8 août 2022

Les uns soumis, les autres aussi.

 

Voilà que l'éducation nationale va recruter en job dating des gens sans formation poussée, pour éduquer vos gosses. Voilà que l'hôpital galère et va sans doute suivre la même logique. Les pompiers galèrent et aimeraient davantage de matos ainsi que de volontaires, parce que des professionnels ça coûte trop cher. Mais summum, la police va armer 30.000 pleupleus après une formation de 10j. Et tous ceux qui approuvent cette décision en viennent rapidement à espérer qu'ils seront envoyés "dans les caves de banlieues". Ca pue la milice par ici. Qui va se porter candidat ? Avec quel background idéologique ou quel espoir dans la gâchette ?

Et puis ça brûle de partout, et vous êtes des millions à lâcher un com' ici ou là, histoire de moquer le manque de préparation et d'anticipation du gouvernement et des gens qui le composent, le soutiennent ou pactisent. Le racisme ici ou là, dans certaines institutions, qui peut-être pas coupables d'inculquer cette saloperie ont au moins le tort de ne jamais vraiment lutter contre. 

Et puis... plein de trucs qui à vous et moi donnent envie parfois de poser des bombes ou de se foutre en l'air, tellement ce monde paraît chaotique et injuste, débile, dépourvu de valeurs ou du moindre attachement au réel, c'est le règne du partisan et du spectaculaire. 

Vous le dites ça vous aussi nan ? 
















Les #insoumis/#LFI, si vous attendez que #Mélenchon ou le parti vous donne le signal pour reprendre la rue y'a un truc qui merde sévèrement. Vous voyez ce qui se passe en ce moment ? Pourquoi ne traînez vous pas vos élus dehors ? Ca ne doit pas être l'inverse.

Que vous approuviez ou non l'idée d'une révolution par les urnes de toute façon elle a foiré ; et la Nupes est en difficulté permanente à l'AN, votre gauche est aux fraises. Martinez quasi invisible depuis deux ans. Les syndicats translucides. Mécaniquement, il faut un truc pop'.

Si on ne le déclenche pas nous-mêmes et qu'on doit vraiment attendre un signal venu d'au-dessus, même si vous croyez que papi méluche et les gentil joueurs de batterie mènent la même vie que vous, rien ne se passera sinon encore et toujours des shitstorms qui ne changent rien.

Perso j'attends de celzéceux qui se disent toujours résistants, prêts à se lever, qui disent que le monde de Macron et ses pairs va tomber blabla, qu'ils/elles se bougent le fion un minimum et pas seulement quand faut tracter pour leurs champions. Va falloir être cohérents un jour.

C'est cool hein les élus qui gueulent à l'AN. J'adore Ruffin moi, il percute bien, mais ça ne change rien aux décisions, aux lois, aux politiques qui passent entre LREM/LR/RN en triangle amoureux. Donc le spectacle ça suffit.

Et n'attendez pas le comeback des Gilets Jaunes ; car vous refusez de l'entendre, ce mouvement brassait large, et il y avait beaucoup de droitards (c'était bien leur droit d'être là eux aussi, ça se voulait hors partis...à la base). Ils ne reviendront pas, tout leur plait là.

Si le plan c'est d'attendre septembre pour se traîner derrière des estafettes qui vous dictent quoi scander, paumés entre les montgolfières gonflables de la CGT et de ses congénères, bordel je veux plus jamais avoir affaire à vous, c'est d'un risible effrayant.

Le nouveau paradigme n'est jamais advenu par les urnes, la promesse des jours heureux du temps des cerises de l'internationale ça marche pas. Je vous dis pas de tuer vos idoles, mais au moins de pouvoir être à l'initiative de temps en temps.

On nous a à tous vendu ça en 2017, "Regardez les insoumis ils se bougent" avec leurs camionnettes, leurs opés "on repeint une classe" ; mais c'était quoi ? Le réel engagement individuel d'altruistes la main sur le coeur ou du marketing en vue de nous la mettre sans l'admettre?

Le temps du spectacle doit finir. Moi je dis on prend une date maintenant, sans attendre les consignes de je ne sais quel perdant qui hurle victoire même quand tout va mal. Maintenant. ALLEZ P*TAIN, vous êtes insoumis ou juste foireux jusqu'au trognon ?

C'est cool de s'abonner au YouTube d'un politicien, de regarder ses interventions comme les épisodes d'une série ; c'est cool ouais, d'avoir un logo ou un slogan au lieu d'une identité, et une photo de Mélenchon à la place de votre tronche à vous. Super.

Hyper cool de relayer leurs propagandes (c'pas une insulte, ça s'appelle juste comme ça), de passer votre temps à vous prendre la gueule avec vos opposants sur Twitter, nan c'est cool, ça soulage et tout, pi ça tourne ben comme ça.

J'veux dire, ça sert à rien, mais après tout on tient jusqu'à demain, y'aura qu'à recommencer. Ca donne de la force, de se donner en spectacle avec pour thème "J'suis trop un résistant, m'parlez pas bande de gestapistes". Mais en fait c'est pas de la résistance du tout.

Ici comme à l'AN, vous n'êtes pas en position de changer le monde ou de faire valoir la moindre idée. Ici et à l'AN la seule chose qui triomphe c'est la division, le séparatisme, le rejet de concitoyens entre eux par le truchement de leurs comédiens de catch.

Si ça vous va, très bien, mais venez pas chialer. Vos élus vantent l'insoumission ? Bah envoyez-les chier un petit coup, les éternels perdants. Ils vous font perdre votre temps, vous noient dans ce spectacle, et effacent votre identité et libre arbitre, transforment en hommes-sandwichs.

Tant que vous les #insoumis/#Nupes ne déciderez pas ensemble (z'avez des supers discords nan ? des twitch de luxe ? vos chaînes youtube militantes ? vous vous réunissez de temps en temps, ça sert à quoi ?), va falloir arrêter de vous revendiquer des "anciens" et de leurs acquis.

C'est quasiment un manque de respect maintenant. Donc pour avoir la légitimité de vous revendiquer de 1789, du Front Populaire, de la Résistance et de l'Alliance Rebelle, va falloir le mériter. Bougez, organisez, passez-vous des petits chefs. Là je vous laisserai lever le poing.



dimanche 7 août 2022

[#ViolencePartagée] La grande commode.


Chers amis, chères amies, 


Retour aujourd'hui sur la question de la motivation politique qui pousse au partage de contenus qui documentent la violence du réel. Lors d'un précédent article, je soulignais que l'absence de reconnaissance officielle face à certaines situations pourtant scandaleuses ou alarmantes pousse de plus en plus de gens à imposer les images de ces situations au regard de tous ceux qui les entourent. 

Et j'expliquais que ce mécanisme me semblait normal, logique, même si je le déplorais, inquiet des conséquences sur notre vision du monde, et surtout sur celle, nouvelle et sombre, que nous imposons aux nouvelles générations. Elles débarquent dans un monde connecté et où l'information en continu nous est délivrée avec frénésie et sensationnalisme. Et même via des médias qui eux aussi se mettent à assumer l'envie de montrer du choquant pour soutenir des inclinaisons politiques.

Par exemple VA/Valeurs Actuelles, dont l'un des journalistes très actif sur Twitter publie régulièrement des infos sur les agressions en France, précisant les origines des agresseurs et si possible accompagnant ses posts de vidéos ou d'images des faits, sanglantes ou pas. 

Ce matin, je vois le journaliste Charles Enderlin (reporter franco-israélien, ex correspondant à Jerusalem pour France 2) partager la vidéo de colons israéliens d'Hébron qui jettent des pierres sur des Palestiniens passant en contrebas de leur position. Il souligne "Les soldats israéliens laissent faire". Et me voici plongé dans une autre réflexion qui comme souvent sera sans doute trop longue. C'est parti. 




En prenant le temps d'observer la façon dont les échanges politisés se déroulent sur les réseaux sociaux et en particulier Twitter, on doit pouvoir constater que très majoritairement ces échanges sont tranquilles entre convaincus, insultants et pleinement fratricides lors d'un désaccord préalable. 

Bien peu de gens semblent en capacité de convaincre, car ces réseaux nous apprennent finalement à se rassembler sur la base de préférences communes, qu'elles soient culturelles ou politiques. "Rencontrez des gens qui pensent comme vous" pourrait être le slogan des réseaux sociaux. 

Un réseau social, ce n'est pas une "liaison" sociale, non, ce n'est pas un forum égalitaire, c'est une grande commode dont les tiroirs permettent de trier qui pense quoi. "J'kiffe le metal, je devrais sauter dans celui-là". De temps en temps, un sujet d'actualité fait office de séisme, et la commode finit au sol, tiroirs ouverts, tout se mélange, et concrètement c'est un gros bordel. 

Une fois la shitstorm passée, tout le monde retrouve son tiroir, on n'a rien appris, on n'a rien fait avancer, en fait, de manière symbolique, on a vécu un petit fratricide virtuel relativement éreintant, et encore une fois je vais prononcer le mot : c'est une catharsis, un soulagement,  une soupape. 

On se fout de changer les choses, ce qui impliquerait de pouvoir convaincre ; ce qui impliquerait de reconnaître qu'il est possible de convaincre autrui, et donc de se laisser convaincre aussi. Nous ne fonctionnons pas comme ça, majoritairement. En tous cas il me semble.

Nous allons sur le réseau pleins de certitudes ou de convictions, et 9 fois sur 10, on échangera que pour tenter de convaincre autrui ; s'il reste hermétique, on va vite chercher le bouton "Bloquer".

Est-il donc possible de partager de telles images, qui documentent une réalité par ailleurs niée par nos contradicteurs, et de créer du changement collectif, global, par-delà les séparatismes ? 



Jusqu'ici je ne pense pas. 

Lorsqu'une personne publie un contenu, même ultra violent et sanglant, ses contradicteurs apparaissent en nombre pour interroger d'abord la véracité des images. Sur Russie/Ukraine par exemple, ces temps-ci vous pourrez faire le constat facilement. 

Une photo de chars supposément Ukrainiens planqués dans les jardins de particuliers : 

"Bravo l'mouton, tu vois pas que c'est des chars Russes là ?"

"Ok l'abruti. Pour toi ce qui vient de la Russie est forcément faux"

"Nan mais les gars de toute façon y'a de la propagande partout"

"Ouais surtout chez LFI les antisémites qui sucent Poutine.."

"C'est pas nous qui recevons des criminels à l'Elysée!"

BLA, BLA, BLAAAAAAAH.

Dans le cas de nos colons lanceurs de cailloux, le premier commentaire est le suivant :

"Qu'est ce qui c passé avant ? Vous montrez aussi ce que font les habitants arabe aux habitants juif ? Non bien sûr puisque vous êtes un journalistes à tendance pro palestinienne"

Voilà. On y est. Ca va vite hein. 


DONC.

Je ne peux que persister à interroger l'utilité de telles publications car même si nous l'oublions, potentiellement sous l'effet du choc causé par notre propre visionnage, nous ne changerons RIEN aux convictions des plus convaincus, et comme je l'expliquais par ailleurs dans les articles précédents, nous ne changerons rien aux faits, qui puisqu'ils sont documentés en vidéo sont par nature révolus. Seule la captation/diffusion produit cet étrange phénomène : les faits sont joués et rejoués et rejoués encore. La mort, qui ne survenir qu'une fois dans le réel est retransmise des centaines, des milliers, des millions de fois. (Sur un plan philosophique ça pourrait valoir d'énormes bouquins ça). 

Quand je vois un gamin colombien se faire tabasser par sa mère, il est à des milliers de kilomètres et les faits sont passés depuis des semaines, j'ignore (évidemment) qui sont les personnes que j'observe, j'ignore d'ailleurs tout des conditions de captation, et j'ignore tout des suites potentielles. Par essence je ne peux donc RIEN faire, sinon voir, absorber le choc, puis partager, comme pour ne pas être seul. (*)

Nous avons donc deux aspects de l'impuissance ostensible, paradoxalement noyée dans le militantisme lorsqu'il s'agit de sujets politiques. 1) les faits sont révolus et je ne peux pas les documenter moi-même, je ne fais qu'absorber une captation choquante, et cet impact émotionnel va perturber mes capacités de réflexion et d'échange, en clair je vais être choqué 2) dans le cadre d'un sujet politique, ce mécanisme là s'ajoutera au constat précédent : je vais choquer, mobiliser, toucher des convaincus, des gens aussi sensibles que moi à la question soulevée, mais provoquer du remous, de l'animosité, en clair du refus et de la vindicte, finir par m'embourber dans des échanges sans intérêt, dans l'écume des jours. 

Et voilà une révolution permanente parmi tant d'autres.

A quoi bon donc, partager ces images. A quoi bon crier à l'injustice lorsqu'on en est victime ? Un monde injuste n'en aura jamais rien à secouer. Faut-il vraiment voir et montrer pour produire un impact dans le réel ? Ou faudrait-il plutôt cesser de chercher le choc, le traumatisme, finalement incapable de toucher les convaincus d'en face ? 

Et donc préférer la considération, l'écrit, l'argumentation soignée et... vraiment je redis le mot, la considération envers celzéceux qui n'ont ni mes convictions ni ma sensibilité ? 

Car si le choc pousse certains à se montrer sensibles, d'autres dont l'inclinaison politique pousse à la méfiance et cherche à identifier des propagandes se ferment complètement. Et bien vite les échanges se détachent de la situation précisément documentée, de l'événement malheureux ou injuste que nous observions. 

Revenez au commentaire. "Et ls arabes qui attaquent des Palestiniens on en parle?". 

Celzéceux qui refusent d'avancer sur le même chemin que moi ne se préoccupent pas de la signalisation que j'ai installée. Il veulent à tout prix une déviation, j'ai beau tenter de les guider. Mon panneau "Regarde un peu sale connard!" ne semble pas motiver leur curiosité. 

BREF.

Trop long, toujours trop long. Et trop bordélique aussi. J'suis pas philosophe moi. Mais qui sait, peut-être puis-je un jour parvenir à identifier et décrire des mécanismes malsains qui nous poussent dans le vide, peut-être pourrai-je parvenir à convaincre d'une chose plus importante à mes yeux que toutes les autres : c'est ensemble qu'on peut dire la nature du réel. Séparément on ne fait que le manipuler, et ce qui finit par compter, c'est d'abord la manipulation. 

Voilà la politique, voilà ce qu'elle a d'insultant, d'improductif et de fratricide. 

Que dirais-je moi si je commentais cette vidéo ? A quoi bon le dire ? Faut que je sois cohérent, j'ai pas envie de vous perdre. J'ai envie qu'on se retrouve. Pro-Palestiniens, Pro-Israël, dans une discussion respectueuse, et surtout consciente. 

Tous victimes de conditionnements ou de propagande, ou parfois de l'émotion qui transforme nos convictions en folies, nous devrions avant de regarder les horreurs du monde nous regarder nous-mêmes ; car jusqu'ici, l'horreur du monde c'est p'tet pas les meurtres, le sang, l'injustice et la politique, c'est la façon dont nous favorisons l'immobilisme et parfois même le retour en arrière à travers nos réactions. 

C'est pas la colère, la tristesse ou la peur qui mènent vers la haine, je crois pas, c'est d'abord la trop grande certitude, l'égo massif, et les réseaux sociaux, du fait de leur nature et de leur organisation, nous poussent dans cet esprit, nous poussent vers le cynisme (moi aussi), la vacuité, le temps perdu, et surtout vers la fin du monde. La Parole serait de nature à créer la vie, le Verbe de la Création ; et bien ce qui monte redescend, on y reviendra p'tet un jour.....

Bonne journée ou bonne soirée très cher/chère toi. Navré de t'avoir bombardé/e de ouf encore une fois. J'espère au moins que mes divagations ont de l'intérêt et t'aideront à te perdre dans les tiennes. 




(*) (Jordi Mir, l'homme qui avait filmé l'exécution de Ahmed Merabet par un terroriste du 7 janvier 2015 avait me semble-t-il exprimé cette idée tout en présentant ses excuses quant au fait d'avoir filmé mais surtout diffusé ce moment horrible. Il faudrait que je retrouve la source de ce propos lu il y a très longtemps, mais il me semble qu'il expliquait être choqué et ne pas pouvoir croire lui-même en ce qu'il avait vu de ses yeux et à travers l'objectif de son propre smartphone. En hallu, il voulait qu'on réagisse aussi, en quelque pour l'accompagner/le soutenir, pour qu'il ne soit pas le seul être ce jour-là à devoir digérer l'image extrêmement violente de ce meurtre horrible. Un mécanisme intéressant qu'il nous permet de comprendre, et pour cela, malgré le mal causé par sa vidéo mais surtout par la reprise abusive des médias en continu ensuite, merci à lui, il nous aidera peut-être à comprendre et avancer...)



lundi 25 juillet 2022

#ViolencePartagée : Par la Rédaction de France Info (Source : TikTok)

Dans la famille #ViolencePartagée la chaîne France Info commence à se positionner parmi les gros poissons notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Qu'est-ce qu'on se mange avec nos amis de France Info, et parfois dès la première édition. 

La face dans l'derch' tu sais, je touille à peine mon café avant de me poser devant les infos, et le présentateur ou la présentatrice ont beau être des amours sur cette chaîne, ils me montrent des trucs qui devraient foutre ma journée en l'air. 

Dans un monde parallèle où l'humanité triomphe des puissances de l'argent, je me serais autorisé à retourner au lit plutôt que d'aller au taff après avoir vu certaines matinales. Juste le début hein, le premier flash. Vraiment au début de la guerre en Ukraine, c'était non-stop et avec dose d'images explosives ou malsaines.  

Bref l'autre soir après le boulot je me pose je check les infos, je suis au courant de rien et bim dans ma face, pas de bol j'arrive direct sur cette pastille au sujet du harcèlement scolaire au Japon. T'sais ils tabassent parfois à plusieurs en tous cas y'a toujours un apprenti reporter qui a un compte Snapchat ou TikTok.                 


[vidéo violente sauce tabassage attention]

A quoi bon diffuser cela au JT ? A QUOI BON ?

Quelle est l'utilité objective d'une diffusion...pardon... d'une diffusion de plus après des centaines de milliers d'autres ? Pourquoi nous donner les images violentes du réel violent ? Au JT ? Pendant qu'on bouffe ? Pendant qu'on se réveille ? Avant qu'on se couche ? Il est où le moment où il est utile sur le court terme, et sain sur le long, de s'infliger les images ou du moins la brutalité intrinsèque des images elles-mêmes lorsque le sujet est : "les images de violence bouleversent la société qui devient d'ailleurs de plus en plus violente elle-même".

Il est temps de réfléchir.

Update: 

Je reviens là dessus. Je songe simplement à de la complexité : qui voit ces images et dans quel contexte ? Une foultitude de profils variés, du gamin à mère-grand, parce qu'il est sympa Samuel Etienne en plus, et ses collègues aussi. Quand j'étais gosse moi j'avais une partie de Télématin devant les mirettes car ma grand-mère adorait William Lémergie. Ses remplaçants aussi de toute façon. 

J'avais droit aux dessins animés et programmes pour enfants hein, mais après une petite dose de William. Du coup je suis p'tet conditionné, je ne sais pas. Il me faut peu d'infos le matin. Mais... 

Mais j'ai toléré des choses aussi immondes moi quand j'étais mioche, sérieusement ? C'était déjà si laid la télévision, à la poursuite de la crudité ? Un char qui roule sur une bagnole. Une explosion à quelques mètres d'un homme qui sort violemment du champ, et dont personne ne nous donne de nouvelles ensuite. La scène navrante, avec trois cadavres au sol, de civils visiblement, car habillés en vêtements d'hiver simples et colorés. 

France info avaient tout de même mis du flou sur les visages mais d'autres médias ont repris d'autres images du même endroit au même moment, cette fois-ci sans aucune altération. J'ai vu tout ça au petit dej, avant d'aller bosser. 

Et puis il y avait cette invitée en duplex, dont j'ai peur d'avoir oublié le nom... J'ai un peu honte de ça, mais je ne veux pas lui inviter un prénom genre "ça sonne ukrainien ça passe". Autant dire que j'ai oublié mais bref, durant une période Samuel Etienne échangeait avec une citoyenne ukrainienne pour prendre de ses nouvelles et de l'atmosphère autour. 

Au bout de quelques semaines elle quittait l'Ukraine pour venir se réfugier en France. Les échanges ont donc naturellement cessé. Mais ce fut en tous cas très curieux de se réveiller "en même temps" que cette citoyenne ukrainienne dans la matinale de France info, décrivant le cauchemar de son peuple et de ses proches, pendant que j'me grattais les couilles en songeant au temps qui me restait pour aller chier ET prendre une douche.

...trêve de divagations. 





jeudi 19 mai 2022

Articles, livres, ressources... sur le sujet de la #ViolencePartagée.

Je tente de réunir quelques articles ou ressources intéressants sur le sujet de la violence des images, de la manière dont on produit et diffuse ces images et sur l'impact de leur visionnage. Autant partager. Cet article est donc susceptible d'évoluer avec le temps. Cliquez sur le titre d'un article pour y accéder.


JDD - Images violentes : "C'est comme regarder un accident de voiture sur l'autoroute".
Aout 2015. Interview de Vanessa Lalo, psychologue spécialisée du numérique par Axel Roux. 

JDD violence des images












La Vie des Idées - Faut-il montrer les images de violence ?.
Juillet 2015. Emmanuel Taïeb, politologue. 






















ACRIMED - Violence sur petits écrans.
2008. Revue de presse critique sur le sensationnalisme et la violence à la télévision.


Enfances et Psy - L'enfant au risque des médias.
2005. Article de Serge Tisseron qui évoque notamment des études intéressantes. 














...d'autres sources seront ajoutées ici sous peu...

dimanche 30 janvier 2022

Le théorème d'Omayra.

Nous évoquerons aujourd'hui un cas qui n'entre pas spécifiquement dans les catégories du "gore", "snuff", et du "graphic" sanglant. C'est déjà ça. Néanmoins la violence est d'un niveau particulièrement élevé. Il s'agit d'un road rage (pétage de plomb d'automobiliste si vous préférez) s'étant soldé par une bataille de flingues en pleine rue. 




Aux USA ces derniers jours deux automobilistes semblent s'être chauffés l'un et l'autre, aucune idée de ce qui peut bien les avoir mis dans cet état. Mais le propre du road rage, c'est d'être déraisonnable. La plupart des automobilistes connaissent ce sentiment d'énervement, d'agacement, face à une conduite dangereuse ou sans aucune courtoisie. Il pousse parfois à insulter le conducteur d'en face, en hurlant dans l'habitacle transformé en bulle de stress. Récemment j'ai moi-même failli emboutir un SUV de la marque au lion qui forçait l'entrée d'un rond-point. Le stress et la colère engendrés m'ont accompagné durant de longues, très longues minutes. Une fois à destination j'avais encore l'image du véhicule en tête et je tournais en rond, excité comme jaja, imaginant une autre version de notre continuum espace-temps, dans lequel je n'avais pas réussi à éviter cette collision. 

La voiture, ça rend les gens nerveux. Peut-être est-ce parce qu'ils savent pertinemment que cet engin très utile peut également donner la mort. 

Mais revenons à nos moutons. Après s'être échangé au moins une bonne quinzaine de coups de feu sur la voie publique, les deux automobilistes ont été relâchés directement sur place, sans être embarqués ou sanctionnés. Il me semble qu'ils ont été convoqués plus tard à un poste de police pour répondre de leurs actes, et que des poursuites ont donc ensuite été engagées. 

Un internaute a pu avoir accès aux images "dashcam" de l'un des conducteurs. Récupérées ensuite par Phillip Lewis, éditorialiste de première page du Huffington Post à Detroit, qui a jugé utile de les propulser sur Twitter. 

"Watch this". Regardez ça. C'est un impératif les gens. Ne passez pas à côté. Au moment où je découvre cette publication, comme vous pouvez le voir ci-dessus, en moins de 24h le nombre de visionnages est déjà de 769.000, quasi 770. Impressionnant non ?

Plus impressionnant encore, le temps de faire ma capture d'écran et de moi-même la publier en obsédé des publications violentes et virales que je suis, c'est à dire en moins de trois minutes, 10.000 vues de plus : 



De nouveau je capture, je m'apprête à publier mais je me dis, "Tiens, je vais voir si ça bouge encore, en l'espace d'une minute". 

Et force est de constater que ça bougeait vite : 4000 vues de plus en une minute. 



Je n'allais pour autant pas passer ma soirée à recharger une page toutes les trois minutes pour surveiller un compteur, je ne suis pas encore dingue à ce point. Néanmoins je suis repassé sur ce post je dirais deux heures plus tard, et *gling gling gling* on tapait dans le million.



Et tout de suite, alors que je tape cet article, nous en sommes à 1,5 million de vues. 




Bien sur il y a un contexte à garder en tête : les USA qui sont un grand pays en nombre d'habitants représentent donc logiquement un nombre pas croyable d'internautes. Une vidéo qui tape dans les 1,5 million de vues en 24h, ce n'est pas en soi un événement. Ce qui m'interroge c'est l'utilité et l'impact d'une telle viralité. 

En France le cas le plus semblable récemment c'est sans doute l'agression de Yuriy, qui en une poignée de jours a culminé à 4,5 millions de vue. Rapporté au nombre d'habitants en France, C'EST  impressionnant. 



Maintenant, pourquoi suis-je si obsédé par ces phénomènes de viralité, spécifiquement sur les contenus violents ? Car j'aimerais savoir quel mécanisme et quelle justification mènent à un tel constat. La première explication qui me vient en tête, surtout dans le contexte américain, c'est la volonté de dénoncer les armes en quasi-totalement-libre circulation dans ce pays. Beaucoup de citoyens américains aimeraient que la législation change et que moins de leurs voisins puissent se promener une arme de poing ou une arme de guerre dans la boîte à gants ou dans le coffre. 

A l'appui d'images saisissantes du coup, ils tentent d'alerter, je suppose. En observant le comportement du conducteur ici à l'image, on observe qu'il est détendu, écoute de la musique, chantonne même à un moment il me semble, avant de pointer son arme vers l'autre véhicule et avant de faire feu, détruisant au passage ses propres vitres et pare-brise. 

La première chose qui vient en tête de certains spectateurs : ce type a un problème psychologique. Il ne semble pas en capacité de saisir la portée de son geste. Tellement détendu que les spectateurs pensent qu'il y prend plaisir. Par extension, les internautes soulignent donc que dans un pays où la santé mentale (comme ailleurs) est un problème de santé publique de premier ordre, conjuguer cela avec la libre circulation des armes donne naturellement naissance à des événements de cette sorte. 

L'explication militante, politisée, engagée, est donc sans doute à la source de ce partage. Et en soi je le répète il n'y a pas de gore sanglant à voir, ce qui est déjà bien en soi. Ce n'est pas le cas le plus édifiant concernant une culture snuff qui passerait du web spécialisé aux flux mainstream. 

Mais à mon sens toutefois nous sommes bien face à un contenu qui doit interroger, enfin, sur l'impact de ces images sur la jeunesse en particulier. Elle débarque dans un monde qui fait la publicité de la violence en permanence, qui au prétexte de la dénoncer l'expose partout et consolide une image du monde qui peut briser l'innocence des plus jeunes, les déprimer sans doute très fort, et peut-être aussi les convaincre que le monde est ainsi. Peuplé de gens fous, violents, que les politiciens n'entendent pas contrôler excessivement. En fait, c'est GTA IRL. 

Et encore une fois je me demande à quoi sert de voir de telles images, est-il vraiment nécessaire, indispensable, de VOIR POUR COMPRENDRE. La question est sans doute légitime. Car par le passé les USA ont été marqués par les fusillades et le seront sans doute encore demain. Les citoyens de ce pays ont vu d'innombrables gamins fuir leurs lycées, se tenant le bras ou la jambe, une traînée de sang derrière eux. 

Ils ont vu des jeunes devenir des militants, à la suite du meurtre d'un camarade ou d'un enseignant, s'opposer à la culture des armes à feu. Ils ont vu tellement de choses, d'ores et déjà. Et cela n'a pas changé grand chose. Alors, VOIR POUR COMPRENDRE. Est-ce vraiment efficace ? Question plus difficile encore : est-ce que comprendre permet forcément ensuite d'agir ? 

Question posée notamment par les cinéastes syriens il y a quelques années, dans une tribune en partie à l'origine de mon intérêt pour la question des images de violence réelle et de victimes perdant la vie sous l'oeil des caméras. Amers, ils demandaient que nous cessions nous autres occidentaux de filmer leurs morts ou de récupérer les images faites là-bas pour les surdiffuser ici, repassant en boucle, encore et encore, les moments fatidiques durant lesquels leurs propres frères perdaient la vie, massacrés par un régime ou par une haine fratricide que les politiciens du monde entier ne semblent pas réellement vouloir empêcher. 

Ils demandaient à ce que nous nous mobilisions, que nous prenions le sujet au sérieux et que nous devenions visibles dans les rues, nous les citoyens, pour dénoncer ces guerres et ces haines. Ils demandaient que nous agissions. OU BIEN, que ne cessions de regarder. "Ne regardez pas sans agir" était un peu le message. 

Sinon, à défaut, il s'agit d'une simple activité de spectateur qui cherche une catharsis. Quelle catharsis pourrions-nous trouver à travers le visionnage de scènes d'une violence particulièrement obscène ou choquante ? A mon avis, celle du citoyen conscient, au courant, et sensibilisé. 

J'ai vu un film sur le climat et la fin du monde : je deviens un militant écologiste. Mais vais-je agir au quotidien ? Pas sur. Vais-je dire à tout le monde que j'ai vu ce film, et dire à tout le monde de voir ce film ? C'est déjà plus probable. 

Alors face à la violence, aurions-nous le même réflexe ? WATCH THIS. Regardez ! Peut-être n'agirez vous pas ensuite. Peut-être froncerez-vous les sourcils, peut-être exprimerez vous votre dégoût dans un commentaire, perdu dans le flux, en fait éphémère. Prisonniers de l'immédiateté et de cette danse infinie. Je vois, je suis outré, je dénonce, je retourne mener ma vie. Jusqu'à la prochaine fois. 

Que se passe-t-il à l'échelle des individus que nous sommes ? Avec le temps et la multiplication des contenus violents que nous consommons (généralement sans l'avoir demandé/cherché), sommes-nous de moins en moins tranquilles face à l'état du monde ? Sommes-nous sur le chemin d'une révolte, d'une révolution pacifiste, d'une sorte d'éveil collectif ? Ou sommes-nous enfermés dans la banalisation du mal, nous habituons-nous en fait à cette réalité crue, sommes-nous plongés dans le constat-catharsis-résignation ? 

L'image est-elle vraiment utile ? Productive ? 
Ai-je tort de m'opposer à cette circulation effrénée de contenus violents ? 
Ai-je tort d'insinuer que voir et partager n'a rien d'une activité saine et politiquement responsable ? 
Car estimant que notre capacité à interroger les mauvais effets de la fiction s'évanouit lorsque nous consommons du snuff et du réel en pixels de sang ? 

Je travaille sur un théorème, je voudrais l'appeler Omayra. 
Nous verrons bien si "voir la mort en face" nous permet de mieux l'anticiper demain. 
Ou si la seule chose qui s'améliore, c'est le signal satellite. 



samedi 29 janvier 2022

Sortez les violons.

[Attention, publication colère]

C'est le règne de la détestation la politique, les partis, la Presidentielle 2022. Sortez les violons pour le discours sur un peuple uni qui prend une décision collective, dans un beau moment de démocratie. Oubliés, les hommes sandwiches et leurs conditionnements idéologiques.

J'ai tous envie de les enculer un par un. Les candidats, leurs soutiens, les militants, les sympathisants, à commencer par ceux qui ont un fanion sur la gueule, des symboles partisans en guise de pseudo, des photos de politiciens sur leur table de chevet.

Tous plus timbrés que les gens qui croient en un dieu invisible, car persuadés de valoir mieux. Pourtant jamais un croyant n'a tenté de me convertir à quoi que ce soit, aucun m'a rejeté comprenant que c'était impossible. Il y a sans doute davantage de dialogue entre juifs et musulmans, croyants et non-croyants, de considération aussi, qu'entre gauchistes et droitards. À quand une laïcité 2.0, histoire de poser des limites pour les forcenés de la croyance 2.0, les militants politiques ?

La haine de la politique s'empare de moi à nouveau. Vivement une autre humeur. Parce que je ne veux plus être patient avec les militants là. J'ai envie de les pourrir. Même ceux qui sont courtois et ne manquent pas de respect à leurs adversaires. Ils existent, "dieu merci". J'ai tout de même très envie de brûler leurs chapelles.

Parce que les chefs, les "élites" ne capitalisent que sur une seule chose, la séparation, le rejet. Comme Coca et Pepsi. Ils font boire le même poison, s'assurent juste de conditionner en bleu si l'usine d'en face le fait en rouge. Tu préfères qui ? Poison 1 ou Poison 2 ?


(La démocratie pour les nuls, de la révolution à nos jours)


Allez tous vous faire mettre les militants partisans. Faites-vous bien enculer par l'abstention encore une fois. Vous chialerez et vous pesterez contre nous. On sera accusés d'être responsables de l'état minable d'un pays de gens qui se haïssent.

Vous êtes incapables de vivre avec des gens différents, mais vous donnerez la leçon à ceux qui choisissent de ne pas voter, alors qu'eux ne se réclament d'aucune chapelle et ne s'engagent dans aucune guerre fratricide même symbolique.

Vous installez tous le séparatisme idéologique et partisan, osant parfois moquer les religions, alors que vous êtes tous, séparément ou ensemble, tous groupes politiques confondus, des poignées de population minoritaires, dévorées par l'abstention qui vous octroie des mandats illégitimes. Rien qui ne vous empêche de raconter, à l'approche d'un vote, engagés dans une campagne (terme militaire, comme militants) qui entretient l'illusion suivante : 

"On va tout changer, ENFIN, le peuple va être entendu". Même si en faisant mine de représenter le peuple et de façon majoritaire, on s'apprête en réalité à provoquer des changements impopulaires sur la base d'un choix par défaut, ne regardant en terme d'adhésion que les seuls militants de ce pays ; et à les défendre en racontant "ma légitimité c'est la présidentielle" et en imposant le monopole parlementaire, histoire d'esquiver l'obstruction naturellement sollicitée, ou sifflant les CRS, histoire qu'ils matent les éventuels contestataires. De droite ou de gauche, vous en arriverez là, bande d'abrutis.

J'emmerde les politiques, j'emmerde les militants, j'emmerde la #Presidentielle2022, j'emmerde ce pays. Ce qui compte c'est pas la chute, c'est même pas l'atterrissage, ce qui compte c'est la bande de connards qui poussent tout le monde dans le vide. La politique c'est le règne de la détestation, alors je choisis de détester la politique, ainsi que ceux qui en font l'idolâtrie. 

Loin de toute élection "la démocratie est en crise", "on a une crise de la représentation", "les citoyens n'y croient plus", "quelque chose doit changer". Si l'extrême-droite et l'abstention cartonnent "les citoyens français nous envoient un message clair". Mais à l'approche d'un scrutin, envoyez la musique, le cirque s'installe. Croyez moutons, croyez. Car c'est du communautarisme, car c'est de la religion.