mercredi 5 février 2014

Vu au 33è Festival International du Film d'Amiens : Wild Boys of The Road

Franky et Edwin sont deux enfants, deux copains. Ils jouent à faire les grands en emmenant les filles danser au volant de leur voiture. Mais la grande dépression frappe leurs familles, leurs parents sont endettés, n'ont plus de quoi vivre et sont sur le point de perdre leurs logements. Afin d'alléger leur calvaire, Franky et Edwin font le choix de vendre ce qu'ils peuvent, et finalement, comme des centaines d'autres enfants, ils fuguent vers les grandes villes pour chercher du travail. Un périple à bord de wagons à marchandise des terres agricoles jusqu'aux rues new-yorkaises. Petit à petit ils apprennent à se battre comme des adultes pour défendre l'honneur de leur famille face aux adultes, ) la police et à la justice.

Énorme découverte également, ce film traite d'une réalité dramatique, celle de la grande dépression, mais sous un angle inédit. C'est du point de vue d'une foule d'enfants que la dureté de la crise de 1929 est montrée, comme elle a été vécue. Le film est marquant de froideur et de réalisme. L'innocence des enfants existe au début du film avec des moments d'espièglerie sur les wagons de marchandises, lors du premier départ. Mais plus les séquences s'enchaînent plus la tension est palpable, plus le décor se remplit d'enfants qui font la manche. Une séquence en particulier est à l'image du film dans son ensemble du point de vue de la morale. Poursuivis par des adultes, les enfants courent dans une gare de triage. L'un d'eux tombe au sol, blessé et au milieu d'une voie sur laquelle un train approche. La tension est à son comble puisque l'enfant se traîne lentement, ses camarades se tiennent entre deux wagons et redoutent le pire. Et le train heurte l'enfant, qui perd alors sa jambe. Je fus marqué par la violence de la scène, pour l'époque j'ai trouvé cela très dur, de plus dans un film basé sur une réalité sociale vieille de seulement quelques années. A partir de ce moment l'espoir qui naissait en quittant sa famille, bien coiffé, bien vaillant, tout cela n'existe plus et la mise en scène présente les enfants comme des adultes. Groupés, les manches retroussés, casquettes sur la tête, débrouillards, agressifs. Si bien que la fin heureuse sous le message d’État « We do our part » paraît bien peu après ce choc.

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